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Dames de Coeur 2007

Septembre 2007 : Kimka, chanteuse

Rencontre lumineuse avec une jeune femme qui « marche dans son cœur » …

Kim est une jolie jeune femme de 20 ans tout juste, féminine et soignée, aux grands yeux bleus, au rire contagieux. Elle et sa maman, Jane, nous accueillent dans la ravissante demeure familiale. Alors que dans un premier geste spontané nous tendons la main à Kim pour la saluer, nous nous sentons aussitôt bêtes et gênées : elle ne peut pas répondre à notre geste. Assise sur un fauteuil roulant, la nuque, le dos et le menton maintenus par un corset, son corps ne peut bouger qu’imperceptiblement. Mais notre embarras sera bien vite dissipé, pour ne plus revenir, tant le rire de Kim et de sa maman, toutes deux très complices, feront naturellement partie de la conversation.

Kim est atteinte d’une maladie « génétique » invalidante, l’amyotrophie spinale infantile de type 2, maladie qui atteint les muscles (inclus les muscles respiratoires) et qui a été décelée lorsqu’elle avait un an. Elle est fille unique d’une maman d’origine libanaise, artiste peintre dont les tableaux naïfs décorent les murs de la maison, et d’un papa suisse. A défaut de marcher, Kim parlera très vite, et surtout, chantera, très vite aussi. « Et tout le temps ! », nous dit sa maman dans un éclat de rire. Même à l’hôpital durant les nombreux et douloureux séjours qu’elle devait y faire durant sa croissance pour rallonger la tige métallique insérée dans son dos : « Des parents d’enfants malades venaient nous voir pour nous dire combien la présence de Kim leur donnait des forces et du courage ». Jane nous confie aussi que grâce à Kim, depuis son plus jeune âge, sa vie a été remplie d’amour et qu’elle a rencontré des gens merveilleux de générosité. Ainsi, elle nous raconte une anecdote. Alors qu’elles se trouvaient un jour sur une terrasse en Allemagne (Kim était encore une enfant), Jane voit un clochard qui les regarde. Elle s’inquiète un peu de ce personnage, visiblement enivré, qui lui semble le plus démuni des hommes et qui s’approche d’elles. Mais le voilà qui fouille et retourne ses poches, dont il ressort trois biscuits qu’il donne à Kim avant de repartir. La maman dit : « cet homme a donné à Kim le peu qu’il avait ».

Kim chante donc, dès l’âge de 5 ans pour des soirées privées puis depuis quelques années lors de concerts pour le Téléthon suisse, avec cette particularité qu’elle chante couchée sur un canapé pliable conçu à cet effet. Car si parler ne la fatigue pas trop en position assise, chanter lui est quasiment impossible. En 2005, elle rencontre Kareen Antonn à Paris, une chanteuse qu’elle aime beaucoup et à qui elle demande de la parrainer pour le Téléthon. Cette rencontre aboutira à une précieuse amitié et à l’enregistrement en duo d’une chanson écrite spécialement pour l’événement : « Quand on veut on peut », la devise de Kim depuis toujours. Et son rêve se concrétise en décembre de la même année quand, sur la scène du Miles « Davis » Hall à Montreux, lors de la soirée de gala du Téléthon, elle chante en direct et en duo avec Kareen Antonn. Ce sera le déclic. Elle qui voulait devenir psychologue pour aider les autres, ou chanteuse également pour aider les autres, a choisi : elle sera chanteuse. Sa décision est prise, d’autant que sa première expérience professionnelle de téléphoniste-réceptionniste, au terme d’une scolarité merveilleuse et entourée à la Cassagne, ne lui convient pas: Kim a besoin d’ouverture, elle n’aime pas être enfermée, elle veut communiquer avec les autres, faire passer des messages et sait désormais que sa voie, c’est sa voix

Et Kim insiste : elle ne veut pas être une chanteuse à la sauce Star Ac. Ce qui est essentiel pour elle, c’est de chanter pour apporter un message. Ainsi, quand elle interprète, c’est Edith Piaf, parce qu’elle admire ce petit bout de femme qui toute sa vie s’est battue contre sa propre maladie et a aidé les autres. Sinon, Kim chante ses propres chansons. Dont elle écrit les textes elle-même.

Elle écrit ? Pour nous qui manions sans réfléchir le stylo ou le clavier de nos mains, la question se pose naturellement : « Comment écrivez-vous, Kim ? » Elle répond : « à l’ordinateur ! », tandis que sa maman va chercher un drôle d’engin, avec des tiges métalliques, des câbles et un embout en plastique avant de nous expliquer comment ça marche : pour écrire, Kim doit être couchée, sur le côté. L’appareillage est fixé à l’ordinateur dont l’écran présente un clavier. Au moyen de l’embout dans sa bouche qui dirige un rayon infrarouge sur l’écran, Kim choisit, une à une, les lettres et la ponctuation. Du bout du doigt, elle clique ensuite sur un petit clapet placé juste à côté de sa main. Et ainsi, lettre après lettre, mot après mot, Kim écrit …

(Insérer extrait des paroles de « Marcher dans son cœur », avec l’autorisation de Kim)

Elle enregistre « Marcher dans son cœur » en duo avec Kareen Antonn sur un single, qui contient également « Quand on veut on peut », et les bénéfices de vente sont entièrement versés au Téléthon. Car Kim est généreuse, elle ne veut rien pour elle, elle veut aider les autres. Kim, qui prend le nom d’artiste de Kimka, vient d’écrire une nouvelle chanson que lui a demandée la fondation Little Dreams (insérer lien) et qu’elle enregistrera tout bientôt au profit de cette fondation.

Mais ce n’est pas tout : Kim va au cinéma, voyage, voit ses nombreux amis, prend des cours de voix, de solfège (au fait, elle compose aussi), suit avec sa maman des cours d’improvisation théâtrale menés par Benjamin Cuche, donne des cours de chant à une petite fille, participe à l’organisation du prochain Téléthon (insérer lien) à Lutry en décembre (où elle se produira en concert bien sûr) et, qu’on se le dise, sera sur scène le 8 septembre à Neuchâtel, lors d’une soirée de bienfaisance en faveur de « Enchères et En Rêves », un fonds destiné à aider les enfants handicapés ou leur entourage dans l’accomplissement des tâches de la vie quotidienne.

Pour en savoir plus sur Kimka : http://www.kimka.ch

Parce qu’elles en sont la démonstration vivante, Kim et sa maman nous ont offert un intense témoignage d’amour pur. On aurait presque envie de conseiller à une autre mère, « Madame No Kid », qui clame haut et fort dans un livre que les « enfants sont des handicaps, des boulets, pour l’épanouissement personnel des parents », de venir passer une heure en leur compagnie …

 
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